Tests et Essais
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Essai Canyon Nerve CF 9.0 SL

Essai Canyon Nerve CF 9.0 SL

La marque Allemande Canyon n’a plus besoin d’être présentée, d’autant qu’elle a fait beaucoup parler d’elle en début d’année avec la présentation de sa team Enduro pour 2013, en intégrant beaucoup de top guns, notamment un certain Fabien Barel qui roulera sur un Strive.
Sans tourner le dos à l’actualité, ce n’est pas le modèle enduro que nous avons essayé mais notre attention s’est portée sur le 120mn carbone de la gamme, le Nerve CF – un vélo récent présenté l’année dernière.

CE QUE DIT CANYON DE SON NERVE CF

suspension arriere canyon nerve cfLe Nerve CF est le premier tout suspendu carbone de la marque.

Pour ne pas faire les choses à moitié et proposer un produit vraiment innovant (ce qui a pu être reproché à Canyon il y a quelques temps avec de beaux produits mais sans technologie propre), le cadre du Nerve CF arbore un système de suspension assez abouti faisant l’économie de point pivot sur les bases arrières.
Il s’agit de la technologie Flex Pivot. Les très fins haubans en carbone assurent un rôle de flexion pour compenser l’absence de pivot, produisant au final un cadre affuté au niveau de ses lignes et de son poids puisque annoncé à 1900gr.

Coté utilisation, Canyon place le Nerve CF comme le VTT parfait pour le trail et le marathon. La vidéo de présentation (visible ici) promet une grande polyvalence, avec des images cross country et all mountain avec du dénivelé – et de l’engagement.

Citation :

La cinématique optimisée garantit des performances incroyables. La rigidité du triangle, le montage flottant de l’amortisseur ainsi que la courte et rigide biellette en carbone permettent un usage linéaire des 120mm de débattement vous permettant de descendre dans le plus grand confort (…) Léger, rigide et efficace, voici les trois adjectifs qui décrivent au mieux le Nerve CF.
Plaisir garanti!

Voila donc un programme complet et une promesse forte de la marque – proposer un VTT polyvalent capable de faire la jonction entre du XC et une pratique plus loisir. C’est la version SL du vélo qui nous a été proposée à l’essai – il s’agit du modèle justement le plus « XC » parmi les 4 proposés sur le catalogue en ligne. Arrivera t-il à faire la jonction entre les pratiques et à distiller tout l’agrément vanté ? Essais lors de quelques sorties hivernales, de la neige au gel en passant par la boue, le Nerve CF de ce test aura gouté à tout.

EN STATIQUE

canyon nerve cf 9.0 sl cathedrale

Dès sa sortie du carton, le Nerve CF 9.0 SL fait un gros effet. Le cadre a une très belle finition, et sans que ce soit grossier au niveau de la cosmétique, tout est cohérent. Les lignes sont douces, le bloc de direction imposant tranche malgré tout avec le triangle arrière traité d’une seule pièces disposant de haubans très fins, chargés de plier un tout petit peu pour compenser le point de pivot en moins.
La panoplie complète du groupe SRAM XO impressionne, la Rockshox SID WC et son arche / pivot carbone relèvent de la curiosité, les roues Mavic Crossmax SLR rassurent. En bref, rien d’exotique mais on n’a définitivement pas un vélo triste sous les yeux bien au contraire. Souvent, l’équation des mots clés « sérieux » et « haut de gamme » produit des vélos pas très sexy. Ce Nerve a du charme et pas seulement sur la balance où il est annoncé tout proche des 10kgs. Pour finir de rassurer, la transmission en 2×10 avec un 11-36 à l’arrière permet de voir venir quelques D+ sans avoir à poser pied à terre.

Let’s go

PREMIERS TOURS DE ROUES

Les premiers tours de roues sont déstabilisants car nos repères sont bousculés face à nos références précédentes en 120mn de débattement. La position est neutre, on est bien à son aise – le 1m80 du gaillard que vous voyez en photo justifie la taille L du cadre – malgré l’avis du configurateur sur le site internet qui nous indiquait davantage un taille M. On est bien mais on se retrouve un peu projeté sur l’avant – la potence plus proche de l’infini que du 0 n’y est peut être pas pour rien…

Première réflexion : ça a l’apparence d’un tout-suspendu mais…

Nous avons suivi au démarrage les préconisations au niveau des settings de l’amortisseur et de la fourche. En montant sur le vélo, coup d’œil rapide aux bagues de réglage du  SAG.. ça ne s’enfonce pas beaucoup (10/15% environ). Après tout, si la suspension s’active plus au contact du sol que sous notre poids, pourquoi pas… Les premiers tours de roues sur des chemins peu accidentés sont formels : le vélo a plus que du  répondant : un coup de pédale et ça accélère super fort – le duo rigidité / légèreté de l’ensemble est tout simplement bluffant. Pour les riders qui cherchent à perfectionner le grand art du bunny up, c’est le vélo qu’il vous faut.. ce n’est pas lui qui vous retiendra au sol.

Et les suspensions ne bronchent pas. Même de bonnes relances en danseuse n’y feront rien…

canyon nerve cf 120mn

Deuxième réflexion : ce vélo roule tout seul

Ce vélo confirme : il accélère sur commande, ça pulse, ça envoye très fort tout en restant d’un confort assez honnête – le rendu des suspensions est assez sportif mais après tout, elles ne sont en rien rodées. Une autre espèce de 120mn accompagne la sortie (un Yeti), il est clair que ce n’est pas du tout la même chose, sans rien enlever aux bonnes qualités du poilu.

Coté trains roulants, les crossmax SLR  sont du même acabit que le reste : c’est très léger et ça se ressent.. aucune inertie, une vraie aide au roulage. Les amateurs de roue libre chanteuse et enjouée passeront leur chemin : ça fait un bruit discret, mais un bruit 100% Mavic. Pour en revenir au poids, il y a eu d’ailleurs une tromperie ! Au déballage du vélo, pensant sortir la roue avant du carton, c’est l’arrière qui est venue finalement.. très léger le montage avec les Schwalbe Rocket Ron

Troisième réflexion : on retrouve finalement les ingrédients d’un 120mn

Après quelques kilomètres, il est temps de rejeter un coup d’œil sur l’enfoncement des suspensions.. à peine 40% d’enfoncement des suspensions alors que des passages un peu chahutés ont été franchis. Décision est prise de laisser filer un peu d’air pour voir si cela change la physionomie du vélo.
Rapidement, avec un peu plus de SAG, le vélo affiche un caractère plus harmonieux pour qui s’attend à exploiter 120mn de débattement. En effet, le vélo gagne en maniabilité dans les pifs-pafs, il devient un peu plus facile, et montre un caractère plus joueur.
Le vélo est vif et compact mais pas d’une maniabilité fantastique.. la potence longue comme un bras n’aide pas à prendre des trajectoires correctes. RAS à l’arrière, ça fonctionne très bien et en silence, c’est assez extra.

canyon nerve in action

APRÈS PLUSIEURS SORTIES

Le Canyon Nerve CF nous a livré ses secrets assez vite comme chaque vélo agréable à rouler. Mais il y a une sensation qui est restée dans notre esprit comme un bout de scotch accroché à une manche de chemise.
Cette sensation, c’est d’avoir un vélo qui hésite entre 2 philosophies, celle d’un XC dont il a les caractéristiques techniques (avec un léger surplus de débattement sur le papier) et celle d’un trail bike dont la vocation est d’être un vrai jouet à rouler. Et sur le vélo, ça se concrétise avec un avant très XC (potence longue, une structure hyper légère pas forcement très rassurante dans le défoncé) et un arrière très all mountain avec une suspension qui fait super bien son job, sans broncher.

relance nerve cf

Mais soyons clair, cela n’empêche évidemment pas de rouler (vite) en tenant le (beau) cintre carbone Ritchey avec conviction pour tenir le bon cap. Et surtout, c’est un vélo qui distille du plaisir,  à vous comme aux autres cyclistes qui vont vous regarder dessus avec une certaine envie. Et puis même quand la forme vient à vous manquer, un VTT qui flirte avec les 10kg ne peut que vous vouloir du bien..

COTE COMPOSANTS ET PÉRIPHÉRIQUES

Poste de pilotage

poste de pilotage canyon nerve cf 9.0 sl

Difficile de ne pas être sous le charme d’un poste de pilotage aussi propre  et fonctionnel ! Il pourrait être encore plus « net » en se passant des 2 poplocks de la fourche et de l’amortisseur. Pour nous, sur ce vélo, il n’y a pas besoin de bloquer les suspensions puisqu’elles ne travaillent que quand c’est nécessaire.

rockshox sidCoté roues

Les roues Crossmax SLR sont définitivement de très belles pièces auxquelles on a envie de faire bien attention… leur légèreté est évidemment palpable et correspond bien à la vocation du SL. L’association avec le cadre et la fourche, sur fond de rigidité, fait le boulot.

Coté fourche

Là aussi, on retrouve le top du top de ce que l’on peut trouver sur un catalogue avec la SID Rockshox World Cup. Les réglages sont faciles – associée à la mavic Crossmax, l’utilisation s’en trouve déroutante tellement vous ne sentirez pas la gravité s’exercer sur l’avant du vélo. Attention sur vos premiers wheelings, ça se lèvera tout seul !

Coté SRAM X0

L’une des curiosités a été la prise en main des gripshifts. Cela faisait quelques années (allez, depuis l’enfance…) que les gripshifts avaient disparus de nos guidons… ça s’est révélé très agréable à l’usage, en plus d’apprécier les réglages usine de la transmission – réalisés aux petits oignons. Il a juste fallu faire attention à ne être trop gourmand sur les passages de vitesse. On a eu tendance à vouloir passer / sauter des vitesses un peu vite – c’est toujours passé mais avec quelques craquements dans ces cas là. C’est mal.

sram x0 grip shifter

RAS sur le reste du groupe XO –  un régal à utiliser. Les freins sont doux et puissants – ils n’ont pas été poussés dans leur retranchement mais ont toujours été là même sur des sorties bien trempées et boueuses.

AU FINAL, UNE DRÔLE DE FORMULE 1

A l’heure de la conclusion, on est embêté car on n’a pas envie de le remettre dans son carton et de le renvoyer chez Canyon. Et oui, un vélo autour des 4000€ proposant un cadre très abouti et un équipement au top du top, ce n’est pas si fréquent que cela. On a avec le Nerve CF la démonstration que l’on peut obtenir un VTT qui sait être très dynamique avec du débattement sans devoir verrouiller toutes les suspensions. De ce point de vue, il est bluffant sur tous les types de terrain que l’on a pu rouler.

Pourtant, il laisse un peu sur sa faim dès que l’on veut jouer avec, dans un autre registre que la performance pure. Pour nous, le modèle SL (pour Super light) pousse trop loin le vélo dans un univers XC. L’équipement très haut de gamme vient gêner son profil plus taquin, assuré par sa géométrie saine et son bon amorti. On a senti cette ambiguïté, sans jamais réussir à ne plus y penser. Le Nerve 9.0 SL plaira à coup sûr aux compétiteurs ou amateurs de cross country, moins aux riders cherchant un vrai vélo polyvalent.

Ces derniers devront regarder le nerve CF 9.0 ou le 8.0, moins cher, mais équipé pour un usage plus « costaud ». Nul doute que le vélo, même plus « lourdement » équipé, puisse conserver toutes ses qualités dynamiques ! D’ailleurs, Canyon ne s’y trompe pas d’ailleurs en équipant son VTT d’une tige de selle télescopique sur les autres modèles que le SL..

CANYON NERVE CF 9.0 SL
Cadre Canyon Nerve CF
Amortisseur Rock Shox Monarch XX
Fourche Rock Shox SID XX World Cup 15QR taper
Roues Mavic Crossmax SLR Disc
Freins Avid X0
derailleur SRAM X0
cassette Shimano Deore XT 11-36 10-speed
Pédalier SRAM X0 10-speed
Shifter SRAM X0 grip shift
potence Ritchey WCS 4-Axis
grips Ergon GA-1
cintre Ritchey Low Rizer WCS 710/20 mm
selle Selle Italia SLS Kit Carbonio
tige de selle Ritchey Flexlogic Trail Carbon
pneus Schwalbe Rocket Ron 2,25″ Evolution Line
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