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JOBZONE <> DROPZONE

JOBZONE <> DROPZONE

Si vous n’étiez pas tout le temps sur la plage cet été, vous avez déjà du croiser ce vélo Canyon, notamment sur 26in. Nous avons voulu en savoir plus sur l’histoire autour de ce vélo. Interview avec Maxime Higel, Max, directeur technique chez BikeSolutions, société qui créé et aménage des bikeparks.

CRÉDIT PHOTO : ANDY PARANT (andyparant.com)

Max, tradition oblige, présentation express !

Salut, Max Higel, alsacien d’origine, mais habitant sur Tignes, depuis presque 10 ans. Je suis co-gérant de BikeSolutions, un bureau d’étude spécialisé à 100% dans les problématiques d’aménagement de domaines VTT. Après un cursus universitaire en géographie et un passage par Chambéry, je me suis retrouvé à m’occuper de la création du bike park de Tignes de 2005 à 2008, puis j’ai rejoint BikeSolutions, et maintenant je m’occupe principalement l’été du bike park relié Tignes-Val d’Isère.

Je roule depuis que je tiens debout, le vélo a toujours été mon loisir ou sport principal.

Parlons job avant de scruter le jobzone…

Comment est née la structure Bikesolutions ?

Bien avant BikeSolutions (BS), Yannick Menneron, l’un des fondateurs (avec Yohann Vachette), était mon pote sur les bancs de la fac, et rapidement, on s’est retrouvé à partager notre passion pour le VTT. Parallèlement, je me suis vu proposer une place de responsable des pratiques émergentes dans la station de Tignes en juin 2004, et l’une de mes missions a été la création du bike park de Tignes pour l’été 2005. J’ai poursuivi dans ce rôle à Tignes jusqu’en 2008, date à laquelle Yannick et Yohann, un an après la création de BS, m’ont proposé de les rejoindre à la direction de la société, et vu que nous sommes sur la même longueur d’onde et passionnés, je n’ai pas hésité du tout !

On rêve tous de mixer travail et passion.. c’est le rêve en fait chez BS ?

bikesolutions

Ça y ressemble !
Après, il ne faut pas croire que l’on passe notre temps à rouler, ce n’est vraiment pas le cas, mais c’est sûr qu’être nos propres patrons, se fixer nos objectifs, et tout mettre en œuvre pour y arriver, le tout dans un domaine qui nous passionne et qui est en plein boom, il faudrait être difficile pour se réveiller le matin de mauvaise humeur !
En plus de ça, et je pense que c’est le fondement, on a envie profondément de partager notre passion. Alors on fait en sorte que celui ou celle qui découvre le VTT sur l’un des sites que l’on a façonné ait juste envie de recommencer…

La montagne, l’été, les stations ont-elles toutes saisies l’enjeu du VTT ?

On en n’est pas encore là, du moins pas partout.

Celles qui veulent tourner l’été sont pour la plupart entrain de se poser la question de la nécessité ou non d’avoir un domaine VTT. Et ça, c’est déjà énorme !

Une bonne partie de notre travail consiste en des études de développement, concrètement des outils d’aide à la décision pour les élus de telle ou telle station. Les freins principaux que l’on rencontre sont liés à une méconnaissance du produit et de l’activité VTT : trop souvent, c’est l’image de la compétition qui prime, alors que le VTT ça peut être tout autre chose qu’un parcours chronométré où il faut être le meilleur…

Ensuite, il ne s’agit pas d’avoir un domaine un jour, et de penser qu’il va pouvoir vivre tout seul. Et quelques stations n’ont pas su accompagner cette activité en l’entretenant et en la développant. Parfois, elles font appel à nous pour corriger le tir, et c’est là qu’on se rend compte de l’intérêt croissant que les sites de montagne ont pour le VTT : l’avenir est en marche !

Et en dehors des stations, ça bouge un peu aussi pour le reste de l’année ?

On ne travaille pas encore partout en France, mais en ce moment, le grand quart Nord Est de la France se bouge pas mal à ce niveau. On a fait quelques belles réalisations en périphérie parisienne aussi, et vu le nombre de vététistes qui résident dans cette zone, il y a encore du boulot pour satisfaire tout ce monde qui aimerait bien trouver une petite boucle sympa à rouler le soir après le boulot…

Passons au bike.. ce fameux Canyon jobzone, un bel outil de travail !!

canyon torque dropzone

La base, pourquoi Canyon et son Torque ?

A la base, Canyon, je suis comme tout le monde : Internet, ok, mais le service en cas de problème ?
Bien avant que Canyon ne devienne le partenaire du Bike Park de Tignes en 2010, cette marque m’interpelait, et je me suis rendu compte assez rapidement que c’est bel et bien une vraie marque de VTT, avec des ingénieurs, des bureaux R&D, des prototypes, et des vélos qui tiennent la route (je n’ai absolument pas eu de problème en 4ans de ride sur un Canyon !), et ça correspond totalement à mes attentes de passionné de la première heure, alors si en plus ton banquier te sourit quand tu fais le chèque, il n’y a pas à chercher plus loin !

Depuis 2010, j’ai roulé sur plusieurs modèles du constructeur allemand : Torque EX, Strive, et Torque FRX… Les trois me conviennent, mais dans le contexte actuel du marché du cycle qui segmente de plus en plus les pratiques, les diamètres de roues qui sont sur toutes les lèvres, le all-mountain qui se créé un créneau entre l’enduro et la rando (…), je me suis dit que j’allais revenir au basique : ce que j’aime, c’est rouler, point.

Et j’ai donc cherché à répondre à la question « de quoi j’ai besoin chaque matin ». La réponse était un bike qui descend très bien mais qui peut monter aussi. Sachant que j’allais m’en servir essentiellement l’été, et que mes besoins professionnels interfèrent dans mon choix, je suis parti sur une base orientée « DH », car nous construisons principalement des descentes en ce moment. Il me faut donc un vélo capable de tester une section DH, sans non plus avoir besoin d’une machine de World Cup.

Le Torque FRX répondait sur le papier à mes besoins : la géométrie me convient parfaitement : le vélo est stable, sans être pataud. Le cadre est sain, sobre, et léger, bref, une parfaite base pour un bon petit tuning orienté « weight watchers »…

Vélo de fonction en kilométrage illimité ou fracture de la tirelire perso ?

C’est peut-être idiot, mais nous faisons autre chose avec ce que l’on gagne que d’acheter du matos dernier cri qui ne nous fera pas nécessairement mieux travailler. Donc BS n’est pas intervenu dans le financement de ce beau vélo. La plus grosse aide est venu de Canyon France qui croyait en mon projet, ainsi que de la société Savoye, le distributeur Sram sur le sol français, qui n’avait vraiment pas besoin de moi pour promouvoir le groupe XX1 ou la Reverb, mais qui a cru en mon projet également et a décidé de m’aider à le financer. Là dessus, quelques amis proches sont venus apporter leur soutien, et donc je mentirai si je disais que j’avais juste saigné le cochon !

Pause dédicaces :
Un immense MERCI à Rodolphe de Canyon France, Altino et Fabienne chez Savoye, Jey le 1er Champion du Monde d’Enduro, Andy Parant point com, Brice, Momo, Bruno et Steph

Coté modification ?

La base, c’est le Canyon Torque FRX Dropzone de 2013, parce que c’est celui qui s’approchait le plus du montage final que j’avais en tête : léger, suspensions à air.
Avec pile poil 16,00kg sorti du carton, ce FRX Dropzone avec l’amorto Cane Creek Double Barrel Air était la base rêvée…

canyon torque front

Ce que j’ai changé, c’est au final assez simple :

– Le groupe, remplacé intégralement par un XX1.
– Les roues, remplacées par une paire de Crossmax SX
– La tige de selle, remplacée par une Rock Shox Reverb Stealth
– La fourche : 36 Van d’origine, remplacée par la même en Float (180mm, Fit RC2 Kashima)

Plus quelques petites pièces plus light comme des pédales et la potence, mais ce n’est pas le cœur du projet.

Bilan : 1,7kg perdu sur la balance (avec pédales), je me retrouve avec un bike à 14,5kg avec pneus renforcés DH, 180 à 200mm de débattement à l’arrière, 180 devant, une tige reverb dès que ça monte, et un groupe XX1 pour ne pas avoir à poser le pied par terre à la moindre bosse…

SRAM XX1

Et ça marche !!

J’ai fait quelques sorties qu’on appelle enduro ou all-mountain aujourd’hui avec des énervés du coin, et ça en a calmé plus d’un vu comment mon gros vélo passait les singletracks techniques, et le montage s’est révélé au top dès que les remontées ont ouvert ici à Tignes…
Qu’il faille aller rouler une descente, un enduro ou que je loupe la dernière navette pour remonter des Brévières, pas de soucis, j’ai l’arme entre les mains, après, ce n’est qu’une histoire de pilote…

Tu passes avec ton Torque tous les tracés que tu as pu imaginé avec BS ?

Je réponds comment là ???

max de bikesolutions

En mode warrior  ou en mode mec sincère qui doit coûte que coûte se lever le matin pour aller bosser » ?

Je vais opter pour la sincérité… La réponse est oui, à 99%, mais c’est vrai que je n’ai pas passé tous les modules de la nouvelle piste double noir de Tignes, la « Scarefresse »… Mais encore une fois, ce n’est pas le vélo à remettre en question, il en est largement capable dans cette configuration, mais aux abords d’une piste engagée, il aut être présent à 100%, et concentré, et ce n’est pas souvent le cas pendant l’été qui est tellement intense professionnellement parlant, que c’est la raison qui l’emporte…

Un peu de vidéo pour compléter les images !

Pour finir, si ton Canyon était une voiture, ce serait….

Hahaha !! J’adore cette question !!
Je suis passionné de voitures aussi, et si je pouvais, j’aurai dans mon garage une 911, une méhari, un gros Dodge, etc…
Donc, si mon bike était une voiture
elle serait utile : pour transporter du monde et des choses
elle serait rapide parce que rouler vite, c’est quand même grisant !
elle serait polyvalente : aussi bien à l’aise sur l’autoroute qu’en dehors des chemins, à la sortie d’un restaurant étoilé et le lendemain sur un chantier…

La voiture qui permet tout ça existe ! Un VW Transporter V6 4motion mais avec intérieur CUIR svp ;-)

Merci Max de nous avoir fait découvrir ton boulot et ton vélo !


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